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Même rubrique1.000 milliards même en fmg ne se trouvent pas sous les sabots d’un cheval. Ajouter à cela 2.500 milliards nécessaires pour entreprendre les grands travaux de transformation du Port de Toamasina il y a de quoi faire passer des nuits blanches à un responsable d’une économie nationale du niveau de Madagascar. L’entreprise n’effraie pourtant pas un homme de la trempe de Marc Ravalomanana.
A son retour de Tokyo, le Président a annoncé son intention de réaliser ces projets avec les chantiers annexes inhérents, telles les dessertes routières indispensables pour donner à ces réalisations toute leur plénitude. Dans la période actuelle, les caisses de l’Etat ne permettent pas d’envisager de tels travaux. On ne peut pas dire pourtant que Madagascar ne possède pas un flèche en poche puisque le Président a déjà réservé 5 milliards d’ariary soit 25 milliards fmg pour l’étude de faisabilité du projet de l’extension d’Ivato.
Pour la suite des travaux, c’est encore le brouillard même si après en avoir touché mot aux dirigeants japonais, le Président Ravalomanana a obtenu de ceux-ci la promesse qu’ils y apporteraient un appui. Il ne faut sans doute pas chercher une logique dans la succession des annonces et des décisions. Alors que l’on suspend la détaxation concernant les constructions d’hôtel en vue de l’accueil pour le Sommet de l’Union Africaine, on fait déjà miroiter l’entreprise de nouveaux grands chantiers en l’absence de tout financement confirmé.
Lorsque le Président s’attaque à de grands défis, agissant comme pour des paris, il ne fait que mettre en pratique les préceptes enseignés par Marc Ravalomanana en 2002 : « osez et croyez simplement ». A constater la réalité avec un regard objectif on ne peut pas reprocher à la population d’être une : « population de peu de foi » et pourtant pour l’instant ça ne lui a pas réussi. De leur côté les gens au pouvoir en savent aussi quelque chose, malgré leur sarabande au quatre coins du monde pour mobiliser appui, partenariat et crédit,du fait qu’ils restent très discrets sur le montant nécessaire au MAP, on se doute bien qu’ils n’en ont pas bouclé le financement.
De plus en plus, les partenaires semblent avoir des aiguilles dans leur poche même s’ils sont de moins en moins avares en belles paroles, en promesses amicales et parfois en flatteries déplacées. Concernant les dettes par exemple, ils savent bien que le pays va dans un mur et même la population si elle oublie souvent d’y penser elle soupçonne bien que le montant des nouvelles dettes est tenu au secret de peur que ce soit honteux à l’inverse des remises de dettes que l’on a chantées comme des victoires.
Bailleurs ou partenaires, ils ne sont pas dupes, ce n’est pas parce qu’un ami arrive bien sapé et tape dans le dos que l’on ne se rend pas compte qu’il vient pour taper. Agir comme un riche alors que l’on vient quêter une aide semble d’une grande inconséquence. Si chaque citoyen n’a pas la compétence pour calculer le coût de tous ces déplacements du Boeing présidentiel, les dirigeants des pays partenaires en ont bien une idée.
Et quelque soient les intérêts que eux aussi calculent lorsqu’ils apportent une aide, ils rechignent quand même en leur conscience de financer les fantaisies de leurs homologues. Faire un crochet par Antananarivo en venant de Tokyo pour rejoindre Rome le lendemain ne trouve pas justification dans la tête d’un citoyen de base qui trime, surtout en cette période à cause de cette crise alimentaire qui plane sur la tête de tous mais d’abord sur celle des plus pauvres.
La Lettre du Mercredi 109
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