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Même rubriqueC’est en période de crise que l’on mesure surtout la compétence d’un premier ministre. Charles Rabemananjara joue à merveille son rôle de fusible et de ventilateur pour les odeurs de roussi. Le président a présenté les mesures qu’il a adoptées comme des dispositions prometteuses de soulagement. La population étouffe sous les difficultés et si aucun signe de trouble ne paraît la déception due à l’impatience quant à l’application réelle des mesures annoncées risque d’accélérer un phénomène d’explosion sociale, ça sent le roussi.
Au premier ministre de monter au créneau pour présenter les avantages et le bien-fondé des initiatives présidentielles. Devant les parlementaires, il s’en est sorti par cette opération de séduction mais pour l’opinion, ces gesticulations n’ont pas fait avancer les schmilblick. Les mesures annoncées n’ont rien produit dans leurs assiettes de moins en moins pleines. Tout à ces préoccupations d’apporter un soulagement aux difficultés de la population, le premier ministre a mouliné le projet de réviser le code électoral en le remisant au congélateur.
Les promesses d’hier à ce sujet ont trouvé prétexte des priorités actuelles pour perdre leur valeur d’engagement, ce procédé de revenir sur sa parole n’étonne plus personne. Cette semaine on a suspendu l’examen des demandes de détaxation concernant les constructions d’hôtel de grand standing et de grande capacité d’accueil en vue du sommet de l’Union Africaine. Cette mesure de détaxation avait pourtant été annoncée avec solennité et lancée comme un appel au patriotisme afin de donner au pays une image d’un grand dynamisme, on invoque la conjoncture des difficultés alimentaires comme motif de cette suspension.
On ne peut minimiser la responsabilité des gouvernants dans la recherche des moyens pour préserver d’une plus grande crise la population, mais la vie de la Nation ne s’arrête pas à ce seul domaine, à croire que l’on ne peut pas en même temps mâcher un chewing-gum et descendre des escaliers sans risque de se casser la figure.
La lettre du Mercredi 109
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