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Même rubriqueLes questions orales posées par les parlementaires au gouvernement varient souvent de procédure en fonction de la composition des chambres. A l’Assemblée Nationale, s’il faut répartir le droit d’intervention des orateurs entre les différents groupes, ça ferait rikiki, il n’y a que deux groupes : l’imposant groupe Tim avec 107 députés et le groupuscule d’une dizaine d’indépendants de sensibilités diverses amputé actuellement du seul affiché opposant Boniface Zakahely arrêté et mis en détention à Toamasina depuis la semaine dernière.
Pour donner un semblant de variété aux origines des questions posées au gouvernement, l’Assemblée Nationale a adopté la procédure par la prise de parole d’un représentant par commission. Les apparences sont sauves puisque ce procédé permet de balayer tous les sujets relatifs à un domaine. Mais dans le fond, l’absence d’une représentation de toutes les sensibilités dans la Nation devient flagrante au moment de ce face à face entre parlement et gouvernement.
Rien n’est moins sûr que de vouloir prétendre que les députés Tim peuvent à eux seuls exprimer toutes les sensibilités politiques ou au moins toutes les familles de pensée politique présentes dans le pays. Certains députés ou certaines commissions s’autorisent ou sont autorisés à poser des questions avec une certaine hardiesse mais la formule ne répond pas à ce que l’on pourrait qualifier de débat ni même d’amorce de débat.
Au Sénat, la situation présente encore moins de condition favorable pour monter un spectacle de démocratie. Il y a certes deux groupes parlementaires, d’un côté les sénateurs élus et désignés par le Président adhérant au Tim et d’un autre des femmes et des hommes sans être Tim mais désignés par le Président. Le nombre des commissions en fonction du nombre des sénateurs ramenés de 90 à 33, a été réduit à 4.
La marge de manoeuvre des sénateurs dans leur intervention est limitée par essence en fonction de leur statut : d’un côté les élus Tim, soumis à la discipline de groupe, discipline appliquée avec intransigeance comme l’a rappelé lors du congrès le président du Tim à la fois président du Sénat, d’un autre les sénateurs désignés par le Président de la République, celui-ci pouvant mettre fin à leur mandat à tout moment comme le stipule la Constitution depuis la révision d’Avril 2007. Les débats dans un tel système menacent de se produire comme de simple spectacle dont la pire des dérives peut les réduire en mascarade.
La lettre du Mercredi n- 109
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