A l'attention de Monsieur le
Rédacteur en Chef
Courrier International
Fax rédaction : (+33)(0)1 46 46 16 02
Monsieur le rédacteur en chef,
J'ai lu votre chronique du 25 juillet 2005 intitulée « Le président malgache ne s'encombre pas la mémoire » avec intérêt comme nous suivons toutes les nouvelles publiées à l'étranger et qui concernent notre pays. Nous avons le regret de vous annoncer que nous sommes extrêmement étonnés de voir qu'un journal comme le votre rapporte sans vérification les ragots et les interprétations hâtives d'un quotidien « de l'opposition » connu pour la mauvaise qualité de ses articles. Notre Président ne fait pas et ne peut pas « faire peu de cas de l'histoire du pays » et encore moins des « événements de 1947 » comme aucun Malgache ne le peut, qu'il fusse né avant ou après. Lors du point de presse en question, que vous trouvez d'ailleurs retranscrit entièrement sur le site de l'Elysée (auquel nous pouvons accorder un peu plus de crédit) le président Marc Ravalomanana a clairement indiqué que pour lui ce moment historique « est l'ombre pour l'avenir des générations futures. » et que, pour lui, « effectivement, on ne peut pas oublier ce qui s'était passé. » Il a d'ailleurs, depuis son élection en 2002, chaque année, commémoré le 29 mars 1947 en rendant hommage à tous les compatriotes qui ont perdu la vie pendant ce massacre.
Le Président Malgache s'est, en toute priorité, tourné vers la résolution des problèmes actuels qu'encourent la plupart des Malgaches. Les trois années passée le démontrent. On comprend qu'il souhaite, avec son homologue, se tourner vers l'avenir. Le sens de la réplique de M. Ravalomanana est donc à prendre dans le contexte diplomatique de la visite de Jacques Chirac. Ainsi, pour l'un comme pour l'autre, comme l'a dit Marc Ravalomanana, «nous sommes dans le sens du développement et du renforcement des relations bilatérales entre la France et Madagascar. Donc, nous nous concentrons dans le bien-être de la population malgache, et surtout pour l'avenir de notre génération. » Il ne s'agit donc pas, pour Marc Ravalomanana, d'oublier le passé mais aussi de préparer l'avenir. Il l'a d'ailleurs souvent exprimé, entre autre, concernant du dictacteur Didier Ratsiraka qui s'est enfui de Madagascar avec son équipe après avoir détruit patiemment mais sûrement mené le pays à la faillite et les Malgaches à l'extrême pauvreté. Non, Marc Ravalomanana n'oublie pas 1947, il n'oubliera pas non plus 2002, comme d'ailleurs aucun Malgache. Est-ce que les Malgaches pourront pardonner la France ? C'est une autre question.
Je vous remercie de bien vouloir publier cette lettre qui exprime un point de vue certainement partagée par nombre de mes compatriotes.
Patricia Lehmann
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