Nosy Be
Le vieux monsieur et la bonniche ou le "Taratas magique"
Quand on fait allusion à Nosy Be, à l'heure actuelle, c'est le festival Donia qui vient à l'esprit. Ce qui suit n'a rien de réjouissant. En plus, c'est une histoire authentiquement vraie qui mérite votre attention.
* Constituer un fond documentaire
Il y a plus de 5 ans, Guy Maçou débarque à Nosy Be pour y vivre une retraite bien méritée. Bien que le cadre de l'île-aux-parfums n'incite pas au travail actif, il décide, avec le vice-Pds de Diego l'association Auci (Association universitaire de coopération internationale, Université de Nanterre - Bureau G209 - 200, avenue de la République 92000 Nanterre) de définir les bases d'une retraite active. Il faut savoir que. Maçou était un ancien de la télévision française, directeur de la photo sur plus de 100 films, documentaires surtout, dont des cours-métrages animaliers tournés en Afrique. Une convention est alors signée avec le ministère de la Recherche scientifique et le Cnro (Centre de recherche océanogaphique) de Nosy Be. Il sera formateur et, payant de sa personne, il loue une villa qu'il rénove et équipe entièrement : ordinateurs, matériel photographique, consommable, même l'achat d'un bateau. Tous ses fonds de retraite sont investis pour la recherche. Il s'agit d'une formation pérenne, les conventions ayant été reconduites régulièrement. Il faut savoir que le Cnro était en perte d'objectif car la recherche ne semblait plus une volonté des dirigeants et ne se faisait plus sur place mais dans des labos superéquipés des pays nantis. Le but état de constituer un fond documentaire sur la faune et la flore de cette région septentrionale. Par ailleurs, adorant le jardinage, M. Maçou a pu constituer un jardin à plantes essentiellement médicinales :" pour voir, pour essayer" avait-il déclarer. Pour ce faire, il a aussi constituer une équipe de jardiniers et une bonne, Lisa, clé de cette triste affaire.
* "Taratas magique"
En décembre 2003, hélas, l'homme meurt, à 75 ans, des suites d'un cancer... Pendant un moment, après son décès, tous les travaux continuent, sur le conseil d'un des membres de l'Auci qui entend élargir les acquis vers une coopération avec l'université Paris X à Nanterre. Patatras ! C'est ici que la bonniche monte au créneau des "revendications". Sur l'appui d'un "taratas magique", elle se déclare concubine du vieux monsieur et entend tout garder pour elle : maison et tout ce qui va avec. A Nosy Be, il est "facile" de trouver des témoins qui ont signé le "taratas magique". Mais n'en font partie ni les voisins, ni les employés qui savent la vérité. Lisa n'était qu'une simple bonniche salariée dont Guy Maçou, dans ses lettres à des amis de France, se plaignait : "Une simple bonne arrivant à 7h, repartant à 14h voire 14h30, cela 6 jours par semaine". "Taratas magique" car comment devient-on "héritière" et "héritière prioritaire" avec un simple papier de concubinage fait après la mort ? C'est aussi le Grand Mystère pour le code civil malgache ne prévoyant aucun droit pour les concubin(e)s. A notre connaissance -et hors droit coutumier- seuls les couples mariés à l'état-civil ont droit à ces privilèges. Depuis le décès de M. Maçou, Lisa se fait appeler "Madame Guy Maçou" ! Toujours par la magie de ce "Taratas magique", le tribunal de Nosy Be, signe en février dernier, une ordonnance d'enlèvement de tous les biens de la maison. Celui-ci s'est fait en présence d'un policier et d'un huissier. Il aura fallu trois camions et deux voitures particulières pour débarrasser "officiellement" tout le contenu de la maison. L'inventaire officiel tient en une page et demie mais occupe trois camions tout de même !
* Un reportage gratuit et négatif...
L'affaire se corse car Guy a une fille résidant en France, Valérie. Elle ne comprend pas q'une bonne puisse, "au nom de la loi", faire ce véritable pillage. Ce pays lui a tout pris : son père, son héritage à elle. Elle a tout perdu. Le danger vient d'ici. En effet, elle est devenue dépressive, a cessé de travailler et son mari interdit qu'on parle de Madagascar. Mais il est question de mobiliser les collègues de la télévision malgache pour faire un reportage des plus noirs sur la Grande île. Un reportage gratuit et négatif alors que le gouvernement malgache vient de casquer plus de 300.000 euros pour un publi-reportage de 8 pages, dans Paris Match, pour améliorer l'image de ce pays. Sur un tout autre plan, c'est le Cnro aui est aussi et particulièrement lésé. En effet, il se retrouve sans ses documents, sans de travail pour les stagiaires, une somme de 5 ans de bénévolat de Guy Maçou. Tout a disparu car ce dernier travaillait à la maison. Actuellement, le Cnro ne sait plus quoi faire pour rester un partenaire crédible. Comment retrouver les propriétés matérielles et intellectuelles de l'association, afin de pouvoir continuer et développer les actions de coopération, et simplement honorer la convention de formation entre le Cnro et l'Auci, de 1997 à 2005. Guy Maçou, lui, a consacré les 5 dernières années de sa vie et l'essentiel de ses ressources personnelles. Aujourd'hui, sa mémoire est salie par ce pillage. Il ne reste rien de ce qui faisait sa vie. Lui qui croyait que, dans un pays qui, en 30 ans, a perdu des écoles, des classes et dont la poplation a quadruplé en 60 ans, l'éducation est incontournablement prioritaire sur l'enrichissement personnel... Trop de personnes ignorent le bien commun, l'avenir collectif. ils sacrifient même l'éducation de leurs enfants sur l'autel de "l'avoir un peu ou beaucoup d'argent pour soi". Dans quelle balle est dans le camp, avec ce conte qui n'en est pas un et où il n'y a pas de fée mais de fainéante, mystérieusement "protégée" par des hommes de loi ? Tout le monde attend des réactions de la part du pouvoir en place.
Recueillis par Jeannot RAMAMBAZAFY
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